Le blog de Jean-Charles Rielle, médecin, député au Grand Conseil

  • Lettre ouverte à Mme la Présidente de la Confédération Suisse. Coronavirus, le Conseil fédéral, manifestement, n’est pas d’accord !

    Lettre ouverte1 à Mme la Présidente de la Confédération Suisse (Par courriel)

    Coronavirus, le Conseil fédéral, manifestement, n’est pas d’accord !

    Genève, jeudi 26 mars 2020

    Madame la Présidente de la Confédération,

    Dans lematin,ch du vendredi 20 mars2, avant la Conférence de Presse du Conseil fédéral, on pouvait lire: « Les discussions au sein du Conseil fédéral concernant la suite à donner aux mesures visant à lutter contre la propagation du coronavirus font l'objet de divergences entre ses membres. D'après le quotidien alémanique «Blick», la proposition d'instaurer un confinement plus strict en Suisse est défendue par la cheffe du Département de la défense, Viola Amherd et serait soutenue par la cheffe du Département de justice et police, Karin Keller-Sutter, ainsi que le chancelier Walter Thurnherr. Contre, peu favorables ou hésitants... En face, le chef du Département des finances Ueli Maurer paraît le plus hostile à une mesure qu'il jugerait trop drastique pour la population et l'économie suisse. Ignazio Cassis et Simonetta Sommaruga ne seraient pas très favorables non plus, tandis que les deux Romands, Guy Parmelin et Alain Berset sont hésitants. »

    Samedi 21 mars 2020, j’écrivais dans un post Facebook: « Si on écoute bien la Conférence de Presse du Conseil fédéral du vendredi 20 mars, et alors que de nombreux professionnels de la santé (dont moi-même) et certain.e.s Conseiller.ère.s d’Etat réclament un confinement complet, le Conseil fédéral n’arrive pas à se mettre d’accord sur ce confinement ! Je trouve scandaleux que notre vie puisse éventuellement dépendre d’un conseil de 7 politiques qui ne dégagent pas une majorité se rangeant à l’avis des experts de la santé. Nous avons le droit de savoir qui du Conseil fédéral est en faveur du confinement complet et qui est en défaveur ! Notre vie vaut tout autant qu’une pseudo-collégialité ! Idem pour toutes les légitimes questions quant au manque de tests, masques et solution hydroalcoolique. »

    Dans 20min.ch du dimanche 22 mars 2020, on pouvait lire: « L'économie avant la santé du peuple? L'économie a pesé lourd dans la décision de ne pas imposer un confinement total, selon le «SonntagsBlick». La faîtière ÉconomieSuisse aurait en effet pratiqué un lobbying actif pour l'éviter. Sa présidente, Monika Rühl, ne commente pas, mais met en garde contre les conséquences d'une paralysie totale. «Blick» établit aussi les positions des conseillers fédéraux: seuls Berset et Keller-Sutter seraient pour, face à Maurer suivi par Parmelin.»

    Lorsque le Conseil fédéral a pris le leadership, le lundi 16 mars 2020, déclarant la situation en Suisse de «situation extraordinaire», je me suis réjouis de cette volonté de coordination nationale. Aujourd’hui, 10 jours plus tard, je dois déchanter et reconnaître que les milieux de l’économie suisse ont bien fait et réussi momentanément leur lobbying, en muselant les cantons et en s’assurant de maîtriser le Conseil fédéral. Plus facile de convaincre 4 des 7 conseillers fédéraux que 26 Conseils d’Etat et une large majorité d’experts comme Marcel Salathé qui s’exprime dans letemps.ch du 25 mars 20204.

    Madame la Présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga (Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication DETEC), il est encore temps de vous ranger du côté de la santé avec vos collègues Alain Berset (Département fédéral de l’intérieur), remarquable ministre de la santé respectueux de la collégialité mais que le Conseil fédéral oblige, par collégialité, à faire le grand écart lors de chaque intervention médiatisée, Viola Amherd (Département fédéral de la défense) et Karin Keller-Sutter (Département fédéral de justice et police), ainsi qu’avec le chancelier Walter Thurnherr.

    Laissez vos collègues Ignazio Cassis (Département fédéral des affaires étrangères), ancien médecin cantonal du Tessin, qui a fait un choix selon ses anciennes habitudes de conseiller national et cela contre la politique de son Canton d’origine, Ueli Maurer (Département fédéral des finances) et Guy Parmelin (Département fédéral de l’économie) qui est certes mal placé pour ne pas défendre son département, s’opposer aux recommandations des experts.

    Madame la Présidente de la Confédération, chère Simonetta Sommaruga, votre voix est prépondérante. La Suisse a plus de 3 semaines de retard et compte cruellement ses malades et ses morts ! Qui d’autres mieux que les experts de la santé et mieux que les cantons connaissent leur population ? Il est temps de permettre aux Cantons, en fonction des spécificités locales d’aller plus loin que ce que vous Conseil fédéral préconisez, vu que vos décisions sont actuellement outrageusement soumises au lobbying de certains milieux économiques nationaux. Ces milieux économiques sont aussi représentés dans les Cantons ! Laissez donc les Cantons négocier ces accords et prendre les décisions locales qui s’imposent ou ayez le courage de prononcer le confinement !

    L’Histoire jugera de votre possible choix de la santé, désormais prioritaire. Ces prochaines semaines, des vies sont encore à sauver, à l’hôpital et dans les EMS !

    Je vous prie d’agréer, Madame la Présidente de la Confédération, chère Simonetta Sommaruga, l’expression de mes sentiments respectueux et très cordiaux.

     

    Jean-Charles Rielle, médecin de santé publique, député, retraité

    ancien conseiller national et ancien Président du Conseil municipal de la Ville de Genève

     

    1 Jeudi 26 mars 2020. Blog Tribune de Genève  http://jcrielle.blog.tdg.ch

    2 lematin.ch du vendredi 20 mars https://m.lematin.ch/articles/19830192

  • Meilleurs Voeux 2020 !

    Meilleurs Vœux 2020 !

    À l’aube d’une nouvelle année, 30 ans de militantisme et plus de 20 ans de mandats d’élu me permettent de mesurer un certain chemin parcouru !
     
    Je ne veux désormais retenir que cet engagement inlassable et presque sans faille pour nos combats et autres valeurs, ainsi que pour certaines et certains camarades élus, parfois devenus de vrais amis !
     
    La satisfaction réside dans ce travail collectif avec presque l’ensemble des camarades et autres collègues ! L’émotion, source de joie ou de déception en fonction du résultat recherché, réside dans ces soirs de votations ou d’élections, après une campagne harassante, au service de nos valeurs, ou des personnes élues qui se sont engagées à les représenter !
     
    Partager une victoire des idées ou des personnes, ensemble, au même instant, restera source de grande satisfaction, même si parfois certaines et certains manquent à l’appel, vacances ou autres destins obligent !
     
    Et puis il y’a la reconnaissance, pas celle des postes promis, mais plutôt la complicité dans le travail accompli, et il y a aussi l’oubli incompréhensible mais tellement humain, de tous ces instants de mobilisation pour l’autre, sur la devise bien connue quoique guerrière « Servir et disparaître! ».
     
    Aucune demande de soutien inconditionnel à des trajectoires tellement différentes, mais simplement un « comment vas-tu?» en résonance à des combats communs ! La solitude du pouvoir, bien qu’entouré de sa cour et des siens, empêche-t-il une telle démarche?
     
    Permettez-moi de paraphraser le titre « À Dieu, enfant chéri! », d’une lettre adressée par ma mère, il y a 50 ans, à l’orée de son suicide (elle avait 49 ans et j’en avais 17), par « À Dieu, camarade! », préférant confier ainsi la responsabilité de la relation de camaraderie voire d’Amitié, et en fonction de sa croyance, à l’Être supérieur plutôt qu’à l’individu !
     
    À 67 ans, 50 ans plus tard, je désire m’adresser à vous, camarades, collègues, ami.e.s connu.e.s ou inconnu.e.s [comme aimait le dire, lors de ses discours officiels, un grand Homme d’Etat qui m’avait fait professionnellement confiance, Guy-Olivier Segond, et qui par ailleurs avait su s’entourer des conseils d’un remarquable chef de cabinet, le camarade Albert Rodrik],
     
    en vous souhaitant une
    Belle et Heureuse Année 2020 !
     
    Genève, le 31 décembre 2019
    Jean-Charles Rielle, député

  • Acceptation d’un avantage et cadeaux institutionnels!

    Tout d’abord, je dénonce clairement l’acharnement médiatique et la curée orchestrée par certain.e.s politiques dans l’affaire Maudet. Je suis persuadé que le respect des institutions reste le meilleur rempart contre la montée du populisme!

    Que celles et ceux qui se gargarisent aujourd’hui de demandes de démissions assument les prochains votes dans les urnes! La «macronisation» nous guette!

    À Berne, certains lobbyistes sont dans la salle, élu.e.s par leurs sponsors pour voter «juste»! D’autres souvent pseudo-lobbyistes parcourant les couloirs fédéraux des pas perdus ne sont là que pour faire croire au bon peuple que certain.e.s qui sont dans la salle ont encore une marge et une certaine liberté de vote!

    Selon une analyse de la RTS (https://www.rts.ch/info/suisse/10012492-pour-qui-roulent-les-candidats-au-conseil-federal-.html), les quatre prétendant.e.s au gouvernement cumulent une quarantaine de mandats dans diverses organisations, dont près de la moitié dans des conseils d'administration, selon une analyse de la RTS, avec, à la clé, des revenus parfois conséquents.

    Sur la base de ces données, le PLR Hans Wicki reçoit 116'000 francs par an pour présider le conseil d'administration de la société des remontées mécaniques Engelberg-Trübsee-Titlis.Il a dirigé de nombreuses entreprises. Actuellement, ses mandats se concentrent entre l'automobile, l'industrie, dont le groupe Schindler, et le tourisme. Le Nidwaldien préside aussi le lobby de la construction, constructionsuisse, dont il a accrédité le directeur au Parlement.

    Quant à Karin Keller-Sutter, la favorite pour succéder à Johann Schneider-Ammann, elle perçoit 180'966 francs par an de La Bâloise. Au total, elle a reçu 840'000 francs depuis son entrée au conseil d'administration de l'assureur en 2013. De plus, la Saint-Galloise détient 2581 actions du groupe, dont la valeur actuelle atteint 365'000.- francs. Elle cumule principalement des mandats dans les assurances et les fonds de pension. Elle préside également la faîtière du commerce de détail (Swiss Retail Federation), qui défend de nombreux groupes comme Manor, IKEA ou encore Aldi et Lidl. 

    En ce qui concerne Viola Amherd, ses mandats concernent deux enjeux stratégiques du Conseil fédéral: les transports et la santé. En effet, la Valaisanne siège au conseil d'administration de plusieurs sociétés de transport, dont l'entreprise ferroviaire BLS, ainsi que le Swiss Medical Network (SMN), anciennement Genolier, qui détient 17 cliniques et hôpitaux privés.

    Il s’agit bien de «cadeaux institutionnels» accordés en tant qu’élu.e, et personne ne trouve rien à redire! Par contre on n’hésite pas à demander la démission d’un Conseiller d’Etat pour acceptation d’un avantage! Le règne des faux-culs imprègne la Suisse! Reste le mensonge qui n’est pas pénalement répréhensible mais éthiquement et politiquement inacceptable.

    Il est temps que nos parlementaires fédéraux acceptent de non seulement lister leurs liens d’intérêts mais aussi d’être transparents sur les revenus qui y sont liés. Je l’avais demandé par Initiative parlementaire, en 2010, au Conseil national «Pour une transparence des revenus, indemnités et autres avantages des parlementaires fédéraux» (https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20100419) .

    Il est temps de laisser faire nos institutions et que la justice soit rendue par le pouvoir judiciaire et non par Tamedia Zürich relayé par des politicien.ne.s en quête d’élection partielle! Il est temps que nos institutions puissent accomplir leur mission, que ce soit le pouvoir judiciaire genevois ou la Cour des Comptes, sans entraves, et pour la transparence que chaque citoyen.ne. genevois réclame.

    Et qu’ensuite, chaque élu.e prenne alors ses responsabilités!

    Jean-Charles Rielle, député, médecin, retraité