04/12/2017

L'affaire Yannick Buttet! Le droit au congé-maladie!

Yannick Buttet démissionne de son poste de vice-président du PDC Suisse, annonçait-t-il, lundi. Le Valaisan se retire aussi "temporairement" de ses fonctions électives pour suivre un traitement médical afin de maîtriser sa consommation d'alcool.

La justice fera son travail et jugera M. Buttet sur ses actes dénoncés dans la seule plainte formelle, à ma connaissance, déposée jusqu'à ce jour.

Mon propos n'est pas de minimiser ou d'excuser quelques comportements dénoncés par d'autres femmes, mais bien de reconnaître la maladie de dépendance à l'alcool, sa désinhibition, et certains comportements inacceptables, en lien avec une addiction.

Personnellement, je me suis retrouvé à de multiples reprises, en Valais lors de ma jeunesse et aussi à Genève, dans des soirées arrosées, avec moult femmes et hommes et l'impression de connaître tout le monde, et d'être, au nom de la fête, très proche des unes et des autres. Certaines "embrassades" étaient bien vécues et d'autres comportements remis en place immédiatement avec les désinhibés et parfois aussi les désinhibées! A ce titre certains témoignages devraient être plus magnanimes lorsqu'ils proviennent de personnes ayant démontré aussi des problèmes liés à l'alcool avec aussi certains risques, certes pas d'harcèlement, mais de mise en danger de la circulation routière! Ceci sans vouloir, comme écrit plus haut, en diminuer le caractère inacceptable des actes d'harcèlement.

Je ne serai pas long, je ne suis ni philosophe, ni psychologue, mais un simple médecin de santé publique et donc de prévention. Je m'interdisais d'intervenir dans cette situation précise, même si j'ai dédié une partie de ma vie et continue à le faire à dénoncer la violence faite au femmes. Mais la sitiuation de Yannik Buttet nous invite à faire une pause, afin que la justice fasse son travail et que la prise en charge de la maladie alcool puisse produire ses effets.

Ce ne sera seulement qu'avec les résultats de la justice et les résultats du traitement souhaité par M. Buttet, que son avenir politique poura être compris.

Genève, le 4 décembre 2017.  Jean-Charles Rielle, député, médecin, retraité

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04/07/2016

Non à l’abandon de l'Hélicoptère de sauvetage genevois REGA15 !

Le député au Grand Conseil Jean-Luc Forni a raison! Suite à sa question urgente (QUE 502-A), nous avons pris connaissance du projet de disparition, dès le 1er janvier 2017, de notre hélicoptère de sauvetage genevois, après plus de 45 ans d’activité dans notre Canton. La réponse fournie par le Conseil d’Etat, imprécise, tendancieuse et bien péremptoire « la prise en charge héliportée n’a permis de sauver aucune vie supplémentaire » montre clairement que rien n’a été prévu avec la REGA ou d’autres partenaires pour compenser cette disparition.

Le transport sanitaire en hélicoptère est complémentaire aux transports terrestres! Quel prix pour une vie sauvée? Mais aussi des souffrances évitées ou plus rapidement soulagées! Cinq mois de Cardiomobile (comme cardiomobiliste avec mon diplôme de médecin en poche) en 1984 me permettent d'apprécier! Dans cet état d'esprit, on peut aussi si on suit certaines dérives technocratico-financières remettre en questions certaines opérations fort coûteuses et pourquoi pas réallouer les fonds à une majorité de patients en délaissant les plus en difficultés!

Pour un franc par habitant et par année, l’hélicoptère REGA15 basé à l’aéroport de Genève participe à sauver directement la vie de plus de 160 Genevois par an en intervenant prioritairement sur les communes périphériques du canton.

Rega15 intervient aussi pour des missions de sauvetages comme les recherches de personnes disparues sur le lac et nos cours d'eau et des transferts pour des urgences vitales comme les transports de bébés prématurés en couveuse, des malades nécessitant des soins intensifs, ou pour des greffes d'organes. En opérant depuis sa base genevoise, l’hélicoptère REGA15 est deux fois plus rapide que l’ambulance la plus proche (7-10 minutes pour l’hélicoptère contre 15 à 20 minutes pour l’ambulance la plus rapide dans les communes périphériques). Son coût pour les citoyen-ne-s est similaire au coût des moyens terrestres qui seraient engagés à sa place.

Le 1er janvier 2017, si les HUG et le Conseil d'Etat ne gèlent pas cette décision, l’hélicoptère REGA15 sera vendu, ne laissant qu’un appareil pour toute la Suisse Romande, l’actuel REGA4 basé à la Blécherette à Lausanne. Cet appareil ne sera que très peu disponible pour Genève, et son coût, avec 17 minutes de vol au minimum, sera deux à trois fois plus élevé pour les Genevois.

En 2021, la REGA prévoit de redéployer ses activités de sauvetage depuis ses bases de plaine lorsqu’elle prendra livraison de trois nouveaux hélicoptères. L’avenir et le renouvellement de l’actuel hélicoptère REGA15, mis en service en 2003, s’inscrit parfaitement dans ce calendrier, alors pourquoi en accélérer brusquement celui-ci ?

19/05/2016

Conseil d'Etat genevois: du monocolore à l' "insipidocolore"!

Pour 4 ans, le 14 novembre 1993, le peuple genevois élisait un Conseil d'Etat monocolore avec le désastre connu qui s'en est suivi. L'éditorialiste d'alors, Guy Mettan écrivait: «En éliminant la gauche modérée de l'Exécutif, Genève suit délibérément la voie tracée par la France balladurienne et largue le modèle suisse de concordance. Genève saute le pas que ni la Berne fédérale ni les autres cantons n'avaient osé faire avant elle et devient ainsi le laboratoire social et politique de la Suisse de l'an 2000.»

Dimanche 10 novembre 2013, un Conseil d'Etat avec la représentation que l'on connaît, version nouvelle Constitution, était élu par le peuple.

Très rapidement, on pouvait craindre le pire! En effet, ne voyait-on pas un PLR fusionné n'être (pas) représenté que par 2 radicaux bon teint et une droite bloquant rapidement le Grand Conseil et désavouant les siens. Conséquence, pas de budget pour l'Etat en 2016, une première historique pour notre République et canton de Genève!

Depuis que je fais de la politique en tant qu'élu (depuis 1995 en ville de Genève, puis 2007 à Berne et enfin 2013 au Grand Conseil) je n'ai jamais vécu une telle législature. Pour la première fois, le bilan du Conseil d'Etat est si ténu à mi-législature, que je crains des exploits désespérés du Conseil d'Etat, notamment par celle et ceux (certains ont déjà compris et font cavaliers seuls) qui se représenteront, pour obtenir un bilan de réélection.

Il ne s'agit pas d'accabler telle ou tel ministre mais bien plus de se poser la question de l'équilibre droite-gauche au Parlement et au Grand Conseil. Actuellement, on assiste à une droite qui coupe dans les prestations de base, multipliant les victimes associatives, tirant à boulet rouge sur les services de l'Etat et ses fonctionnaires, demandant par exemple au DIP, qui doit répondre à de nombreux défis liés aux effectifs d'élèves en hausse, à une volonté enfin affirmée de l'école inclusive et de la lutte contre le harcèlement scolaire, de faire plus sans suffisamment de nouveaux postes. Comment veut-on que la population comprenne que l'on ne soutienne pas la culture et le sport, source d'intégration, que l'on coupe l'aide aux plus démunis, que l'on affaiblisse très sérieusement l'Etat et le monde associatif en diminuant linéairement les subventions, et que l'on propose une traversée du Lac à plus de 3 milliards et demi!

L'équilibre actuel, version MCG compatible, avec le glissement à droite toute du PDC, de plus en plus aligné sur le PLR et l'UDC, nous rappelle le désastre du monocolore de 1993. Certes, il y a une socialiste et un vert, mais ce sinistre déséquilibre ne permet pas de colorer suffisamment ce Conseil d'Etat, le confinant à l' "insipidocolore"!

Je fais confiance aux électrices et électeurs genevois pour modifier ce déséquilibre et reteinter sérieusement en 2018 ce Conseil d'Etat et le Grand Conseil! Il en va de la prospérité de Genève et du respect social de sa population, seniors compris!