19/05/2016

Conseil d'Etat genevois: du monocolore à l' "insipidocolore"!

Pour 4 ans, le 14 novembre 1993, le peuple genevois élisait un Conseil d'Etat monocolore avec le désastre connu qui s'en est suivi. L'éditorialiste d'alors, Guy Mettan écrivait: «En éliminant la gauche modérée de l'Exécutif, Genève suit délibérément la voie tracée par la France balladurienne et largue le modèle suisse de concordance. Genève saute le pas que ni la Berne fédérale ni les autres cantons n'avaient osé faire avant elle et devient ainsi le laboratoire social et politique de la Suisse de l'an 2000.»

Dimanche 10 novembre 2013, un Conseil d'Etat avec la représentation que l'on connaît, version nouvelle Constitution, était élu par le peuple.

Très rapidement, on pouvait craindre le pire! En effet, ne voyait-on pas un PLR fusionné n'être (pas) représenté que par 2 radicaux bon teint et une droite bloquant rapidement le Grand Conseil et désavouant les siens. Conséquence, pas de budget pour l'Etat en 2016, une première historique pour notre République et canton de Genève!

Depuis que je fais de la politique en tant qu'élu (depuis 1995 en ville de Genève, puis 2007 à Berne et enfin 2013 au Grand Conseil) je n'ai jamais vécu une telle législature. Pour la première fois, le bilan du Conseil d'Etat est si ténu à mi-législature, que je crains des exploits désespérés du Conseil d'Etat, notamment par celle et ceux (certains ont déjà compris et font cavaliers seuls) qui se représenteront, pour obtenir un bilan de réélection.

Il ne s'agit pas d'accabler telle ou tel ministre mais bien plus de se poser la question de l'équilibre droite-gauche au Parlement et au Grand Conseil. Actuellement, on assiste à une droite qui coupe dans les prestations de base, multipliant les victimes associatives, tirant à boulet rouge sur les services de l'Etat et ses fonctionnaires, demandant par exemple au DIP, qui doit répondre à de nombreux défis liés aux effectifs d'élèves en hausse, à une volonté enfin affirmée de l'école inclusive et de la lutte contre le harcèlement scolaire, de faire plus sans suffisamment de nouveaux postes. Comment veut-on que la population comprenne que l'on ne soutienne pas la culture et le sport, source d'intégration, que l'on coupe l'aide aux plus démunis, que l'on affaiblisse très sérieusement l'Etat et le monde associatif en diminuant linéairement les subventions, et que l'on propose une traversée du Lac à plus de 3 milliards et demi!

L'équilibre actuel, version MCG compatible, avec le glissement à droite toute du PDC, de plus en plus aligné sur le PLR et l'UDC, nous rappelle le désastre du monocolore de 1993. Certes, il y a une socialiste et un vert, mais ce sinistre déséquilibre ne permet pas de colorer suffisamment ce Conseil d'Etat, le confinant à l' "insipidocolore"!

Je fais confiance aux électrices et électeurs genevois pour modifier ce déséquilibre et reteinter sérieusement en 2018 ce Conseil d'Etat et le Grand Conseil! Il en va de la prospérité de Genève et du respect social de sa population, seniors compris!