01/12/2018

Acceptation d’un avantage et cadeaux institutionnels!

Tout d’abord, je dénonce clairement l’acharnement médiatique et la curée orchestrée par certain.e.s politiques dans l’affaire Maudet. Je suis persuadé que le respect des institutions reste le meilleur rempart contre la montée du populisme!

Que celles et ceux qui se gargarisent aujourd’hui de demandes de démissions assument les prochains votes dans les urnes! La «macronisation» nous guette!

À Berne, certains lobbyistes sont dans la salle, élu.e.s par leurs sponsors pour voter «juste»! D’autres souvent pseudo-lobbyistes parcourant les couloirs fédéraux des pas perdus ne sont là que pour faire croire au bon peuple que certain.e.s qui sont dans la salle ont encore une marge et une certaine liberté de vote!

Selon une analyse de la RTS (https://www.rts.ch/info/suisse/10012492-pour-qui-roulent-...), les quatre prétendant.e.s au gouvernement cumulent une quarantaine de mandats dans diverses organisations, dont près de la moitié dans des conseils d'administration, selon une analyse de la RTS, avec, à la clé, des revenus parfois conséquents.

Sur la base de ces données, le PLR Hans Wicki reçoit 116'000 francs par an pour présider le conseil d'administration de la société des remontées mécaniques Engelberg-Trübsee-Titlis.Il a dirigé de nombreuses entreprises. Actuellement, ses mandats se concentrent entre l'automobile, l'industrie, dont le groupe Schindler, et le tourisme. Le Nidwaldien préside aussi le lobby de la construction, constructionsuisse, dont il a accrédité le directeur au Parlement.

Quant à Karin Keller-Sutter, la favorite pour succéder à Johann Schneider-Ammann, elle perçoit 180'966 francs par an de La Bâloise. Au total, elle a reçu 840'000 francs depuis son entrée au conseil d'administration de l'assureur en 2013. De plus, la Saint-Galloise détient 2581 actions du groupe, dont la valeur actuelle atteint 365'000.- francs. Elle cumule principalement des mandats dans les assurances et les fonds de pension. Elle préside également la faîtière du commerce de détail (Swiss Retail Federation), qui défend de nombreux groupes comme Manor, IKEA ou encore Aldi et Lidl. 

En ce qui concerne Viola Amherd, ses mandats concernent deux enjeux stratégiques du Conseil fédéral: les transports et la santé. En effet, la Valaisanne siège au conseil d'administration de plusieurs sociétés de transport, dont l'entreprise ferroviaire BLS, ainsi que le Swiss Medical Network (SMN), anciennement Genolier, qui détient 17 cliniques et hôpitaux privés.

Il s’agit bien de «cadeaux institutionnels» accordés en tant qu’élu.e, et personne ne trouve rien à redire! Par contre on n’hésite pas à demander la démission d’un Conseiller d’Etat pour acceptation d’un avantage! Le règne des faux-culs imprègne la Suisse! Reste le mensonge qui n’est pas pénalement répréhensible mais éthiquement et politiquement inacceptable.

Il est temps que nos parlementaires fédéraux acceptent de non seulement lister leurs liens d’intérêts mais aussi d’être transparents sur les revenus qui y sont liés. Je l’avais demandé par Initiative parlementaire, en 2010, au Conseil national «Pour une transparence des revenus, indemnités et autres avantages des parlementaires fédéraux» (https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vist... .

Il est temps de laisser faire nos institutions et que la justice soit rendue par le pouvoir judiciaire et non par Tamedia Zürich relayé par des politicien.ne.s en quête d’élection partielle! Il est temps que nos institutions puissent accomplir leur mission, que ce soit le pouvoir judiciaire genevois ou la Cour des Comptes, sans entraves, et pour la transparence que chaque citoyen.ne. genevois réclame.

Et qu’ensuite, chaque élu.e prenne alors ses responsabilités!

Jean-Charles Rielle, député, médecin, retraité

11:21 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0)