13/06/2014

Lancement du site www.bd-les-autres.ch

Je vous remercie de m’avoir convié à dire quelques mots pour le lancement du site bd-les-autres.ch

Lorsque vous m’avez contacté, j’ai été très touché personnellement pour 2 raisons :

 

La première raison : j’étais médecin en charge du postobligatoire lorsque il y a eu le suicide d’un jeune dans un collège genevois, alors que l’on voulait justement parler de prévention du suicide. Cette tragédie avait été à l’origine de la création, en 2000, de Stop Suicide.

Comme on peut lire sur le site de Stop Suicide : 200 personnes dans la rue, le 9 septembre 2000, pour dire, en silence, que l’on ne pouvait plus accepter le suicide d'un seul jeune. Que l’on ne pouvait y croire, réagissant, à chaud, instantanément, instinctivement, au suicide d'un ami pour certains, camarade pour d'autres, connaissance pour la plupart. 200 personnes dont la plupart étaient surtout là pour soutenir toutes celles et ceux qui souffraient de l'absence d'un proche. La création de STOP SUICIDE, en décembre 2000, à la suite de cette marche silencieuse, était surtout la conséquence de ce que nous découvrions : le suicide des jeunes nous concerne toutes et tous. Il touche tellement de familles, de groupes d'amis, d'équipes sportives, de classes, et bien plus encore!

La deuxième raison : ma propre trajectoire de vie a été lié au suicide et je mesure ce qu’une association comme la vôtre avec ses partenaires et ses actions telles celle de ce soir, le lancement d’un site, peuvent être déterminantes à changer le cours de la vie et des personnes qui font cette vie !

Tous acteurs !

Permettez-moi de résumer ma brève intervention par ces 2 mots « Tous acteurs ! »

 

Chacune de nous, chacun de nous, sommes des ressources de l’environnement de l’autre, participant ainsi à un environnement favorable au concept de santé globale.

 

Être en vie est déjà une exceptionnelle ressource, nous permettant la complémentarité et le partage des responsabilités. On a toutes et tous besoin des autres, tel est le message de la Bd.

 

Ma pratique de médecin scolaire au SSEJ avec mes collègues infirmier-ère-s: Lorsque l’on rencontre un jeune, on essaye de percevoir rapidement ce qui est positif en lui afin de construire à partir de cela. Je me rappelle une situation où nous étions intervenus pour un jeune qui parlait de vouloir mettre fin à ses jours, dépourvu du moindre espoir. Recherchant cet élément positif et ne le trouvant pas, en désespoir de cause, je lui adresse « Je vous félicite, vous avez d’exceptionnelles ressources, avec tout ce que vous m’avez dit sur le déroulement d’une vie chaotique, vous êtes en vie devant nous ! » Réponse du jeune : C’est la première fois que l’on me félicite ».

 

On ne nous demande pas d’être des super héros, ni des spécialistes ! On nous demande simplement d’être présent ! Il est écrit que la bande dessinée Les Autres aborde de manière délicate et artistique des thèmes qui peuvent nous rendre la vie difficile, comme l’anorexie, le harcèlement, les questionnements sur son identité sexuelle et de genre, la dépression, l’alcoolisme et la violence.

 

Les histoires pour l’émotion et la réflexion, les ressources d’aide pour l’action. C’est un outil très complet qui permet d’aborder des thématiques délicates avec les jeunes et de leur donner des ressources pour aider leurs proches sans être moralisateur, pouvait-on lire dans le communiqué de presse d’avril dernier à l’occasion de la distribution de la Bd dans tous les établissements du postobligatoire.

Les histoires pour l’émotion et la réflexion. Dans mon blog TG, j’ai abordé ma propre histoire, voulant contribuer à démystifier le suicide.

A Dieu enfant chéri ! C’est avec ces quelques mots écrits sur une dernière lettre que, le 13 octobre 1969, ma mère s’est suicidée, soit il y a 44 ans. J’avais 17 ans. Plus je vieillis, plus je m’aperçois ce que signifie le suicide, acte désespéré il s’en faut, et qui prive définitivement celle ou celui qui le commet mais aussi toutes celles et ceux qui l’entourent, de présence et d’amour. Sa mort l’a privée de connaître mon épouse, ma fille, son mari et mes petits-fils, ma vie actuelle, et celle des autres êtres chers. Elle aurait 93 ans. Mon père, et je m’en réjouis, est en pleine forme avec ses 94 ans ! Mon message est simple. Si vous ne vous sentez pas bien, si des idées sombres traversent votre esprit, avant de commettre l’irréparable, pensez à ce que je viens d’écrire. 44 ans plus tard, vous serez toujours présent-e, 44 ans plus tard, certaines et certains qui sont actuellement autour de vous auront vécu 44 ans privés de vous !

 

Les ressources d’aide pour l’action.

Fort de cette histoire familiale vécue au plus profond du cœur et des tripes, je me suis employé auprès des jeunes et moins jeunes, ces années durant, à « raccourcir » le temps de la culpabilisation après un tel drame. La déculpabilisation est essentielle pour reprendre pied et devenir utile à l’autre.

 

Lorsque l’on veut en finir avec la vie, lorsque l’on clame que l’on veut mourir, que cette vie n’a plus d’intérêt, il y a urgence à se manifester, tel que l’on est. Survivre, poursuivre sa vie reposent sur un subtil équilibre avec son entourage. Certaines et certains pleurent avec vous, vous manifestent leur sympathie et parfois leur désarroi, d’autres montrent quelques exigences, veulent pouvoir être fiers de vous. C’est ces deux attitudes qui vous mobilisent, vous permettent de vous resituer et refaire des projets de vie.  L’important est de montrer de l’attention, de l’empathie, de lui dire qu’il m’importe et que, tel que je suis, je suis attentif à lui, à l’autre.

 

Comme l’a dit le Professeur François Ladame : « L’acte suicidaire d’un jeune n’est jamais seulement un appel à l’aide ou seulement un désir de mort. Il y a surtout le désir de changer les choses. »

Et bien changeons les choses ! Et ce soir, par le lancement du site bd-les-autres.ch, contribuons à changer ces petits instants de la vie où par une attitude simple nous disons à l’autre, je suis près de toi, ta présence m’importe, reprenant le titre de la soirée des bénévoles de Stop Suicide, le 14 avril dernier : Je tiens à toi, tu tiens à quoi ?

Je félicite Stop Suicide et l’ensemble des  partenaires qui ont contribué à cette Bd et ce soir au lancement de ce site et vous invite à largement le promouvoir !

 

Je vous remercie !

 

Dr Jean-Charles Rielle – Genève 12 juin 2014

 

Lancement www.bd-les-autres.ch

 

 

Arcade Go Out Magazine – Rue du Diorama 16 - Genève

08/04/2014

Vapotage autorisé au Parlement du Canton de Genève, de qui se moque-t-on ?

Les médias ont largement relayé la décision du Bureau du Grand Conseil genevois (du lundi 7 avril 2014) d’autoriser le vapotage dans ses locaux. Le Matin rapporte que seul son Président Antoine Droin y était opposé !

 

 

Le Bureau du Grand Conseil aurait voté cela en arguant qu’il est maître dans ses locaux, au mépris d’exposer (contre la Loi genevoise sur l’interdiction de fumer – LIF - 31 octobre 2009 - conformément à la volonté populaire, il est interdit de fumer dans tous les lieux publics ou accessibles au public, intérieurs ou fermés.) les fonctionnaires de l’Etat de Genève, les gendarmes présents pour la sécurité, les collaborateur-trice-s du Service du Grand Conseil et le public à la Tribune du public, preuve il en est est qu’il s’agit bien d’un lieu public !

 

Ainsi, le Parlement genevois qui fait les lois s’en assied dessus !

 

Jeudi prochain à 17h, nous siégerons en plénière. Nous demanderons formellement au Président Droin de faire évacuer la Tribune du public et prier les gendarmes et autres fonctionnaires des Départements de l’Etat, de retourner dans leurs locaux habituels (pour rappel, décision du Conseil d’Etat du 26 février 2014, d’interdire le vapotage, s’appuyant sur un avis de la commission de santé et de sécurité au travail au sein de l’administration - le Conseil d’Etat constate que les cigarettes électroniques peuvent contenir des substances illégales ou nocives, et qu’ «Il n’existe aucune preuve de l’innocuité de l’exposition passive à la vapeur qui se dégage lors du vapotage»).

 

 

Nous demanderons aussi à Mme le Sautier, en charge du Service du Grand Conseil, de protéger ses collaborateur-trice-s en leur interdisant de travailler dans les locaux du Grand Conseil ! Comme cela, nous resterons entre nous, maître de nous, maître aussi individuellement de ne pas assister aux séances jusqu’au retour du respect de la loi et de celles et ceux qui nous ont élus pour être quelque peu responsables !

Jean-Luc Forni et Jean-Charles Rielle, députés au Grand Conseil genevois

13/10/2013

A Dieu enfant chéri !

A Dieu enfant chéri ! C’est avec ces quelques mots écrits sur une dernière lettre que, le 13 octobre 1969, ma mère s’est suicidée, soit il y a 44 ans. J’avais 17 ans.

J’ai voulu aujourd’hui, par ces quelques lignes, simplement témoigner. Plus je vieillis, plus je m’aperçois ce que signifie le suicide, acte désespéré il s’en faut, et qui prive définitivement celle ou celui qui le commet mais aussi toutes celles et ceux qui l’entourent, de présence et d’amour.

Sa mort l’a privée de connaître mon épouse, ma fille, son mari et mes petits-fils, ma vie actuelle, et celle des autres êtres chers. Elle aurait 93 ans. Mon père est en pleine forme avec ses 94 ans, et j’en suis tellement heureux.

Mon message est simple. Si vous ne vous sentez pas bien, si des idées sombres traversent votre esprit, avant de commettre l’irréparable, pensez à ce que je viens d’écrire. 44 ans plus tard, vous serez toujours présent-e, 44 ans plus tard, certaines et certains qui sont actuellement autour de vous auront vécu 44 ans privés de vous !